Voici 115 ans : la naissance de Morane-Saulnier

Le stand Morane-Saulnier au 3e salon de l’aéronautique de Paris qui s’ouvre le 16 décembre 1911. A gauche le Type A, au centre le fuselage du modèle militaire baptisé ‘Torpille blindée » par la presse, et à gauche le fuselage d‘un prototype biplace qui va devenir le Type C.

Nous sommes à Paris le 10 Octobre 1911, Léon Morane, pilote détenteur du brevet n°54 et Raymond Saulnier, ingénieur centralien, s’associent pour fonder la Société des Aéroplanes Morane–Saulnier.

Léon Morane (1885–1918) , un sportsman de son époque. Il a pu lever
des fonds grâce à sa notoriété et les prix remportés lors des
compétitions aéronautiques.
Raymond Saulnier (1881-1964) probablement
en 1912.

Une création qui était consécutive à la rupture entre les frères Borel et Léon Morane, précédemment associés dans une sorte de groupement. Depuis 1910 Gabriel Borel, vendeur d’avions Blériot avait ouvert des écoles de pilotage en région parisienne, à Pau et à Mourmelon. En s’associant avec Léon Moran, il faisait construire par les établissements Letord & Niepce à Meudon, les monoplans conçus par Raymond Saulnier. Une partie de ces avions étaient engagés dans les courses aériennes de l’époque sous la marque Morane. Selon les émoires de Maurice Tabuteau, les pilotes de cette « écurie de course » – André Frey, Maurice Tabuteau, Jules Védrines – disposaient des avions et de l’assistance technique et devaient se partager 50% des bénéfices versés dans un pot commun, et touchaient une avance de 1500 francs par mois. A la suite du succès de la course Paris-Madrid, plus d’une vingtaine de Morane-Borel ont été ainsi vendus. Et puis survient le scandale. Les frères Borel qui se chargeaient de commercialiser les appareils et de gérer les bénéfices, font valoir que les pilotes ne couvrent pas leurs frais et donc qu’ils leur doivent de l’argent. Jules Védrines, vainqueur du Paris-Madrid, puis arrivé second au tour d’Angleterre, découvre que le prix du Daily Mail de £ 1 000 (25 000 francs de l’époque, soit 180 000 euros de nos jours) ne lui a pas été versé. L’avocat saisi par les pilotes découvre que la gestion des bénéfices n’a pas respecté les accords. L’affaire se termine par un compromis. Les pilotes obtiennent l’effacement de leurs dettes et le versement de leurs primes versées. Mais la confiance est rompue. Léon Morane se retire du groupement suivi par Raymond Saulnier.

C’est ainsi qu’en octobre naît la nouvelle société dans laquelle Léon Morane apporte les fonds et Raymond Saulnier ses compétences techniques et ses plans d’avions pour constituer un capital d’un million de Francs (environ 3 653 290 € selon les critères d’inflation historiques de l’INSEE) divisé en 10 000 actions de 100 francs chacune. Selon les statuts déposés le 3 octobre chez le notaire Josset à Paris, la moitié des parts sont attribuées aux deux fondateurs, le reste étant réservés à de futurs associés. La création est officiellement enregistrée par le bureau des notaires parisiens le 13 octobre.

Le siège social est alors l’appartement de Léon Morane, 119, rue de la pompe à Paris dans le 16è arrondissement. Pour accueillir la dizaine de collaborateurs dont Louis Peyret, qui ont rejoint la nouvelle entreprise, un bureau est loué boulevard Pereire au numéro 205 ainsi qu’un hangar de 200 m2 à Villacoublay.

Maurice Tabuteau (1884-1976) premier pilote d’essais de la firme Morane-Saulnier. Photo BnF – Gallica

Le premier appareil MS est mis en production chez Letord et Niepce à Meudon. Dénommé type A, il est équipé d’un moteur rotatif Gnome Oméga de 50 ch. Son premier vol a lieu le 23 novembre 1911, avec aux commandes Maurice Tabuteau, qui a rejoint la société avec un contrat de pilote d’essais – metteur au point.

Vu la météo peu clémente en région parisienne, une base est ouverte à Pau, où vont se poursuivre les essais au début de l’année 1912.

En attendant la nouvelle firme se présente au public à la 3e exposition de l’aéronautique qui s’ouvre le 16 décembre au Grand Palais de Paris. Sur le stand Morane-Saulnier sont exposés aux cpotés du Type A n°1, un fuselage de biplace qui va devenir le Type C, un fuselage de monoplace et le fuselage d’un biplace d’un genre nouveau présenté comme « avion de guerre » au fuselage entièrement métallique. La presse de l’époque le baptise « Torpille blindée ». Cette première participation fait ainsi sensation auprès de la presse et du public et lance ainsi une aventure qui perdure aujourd’hui.

Une des actions émises à la création d’Aéroplanes Morane-Saulnier, cédée en 1915 qui porte la mention de l’augmentation de capital de 1912.

Votre commentaire

search previous next tag category expand menu location phone mail time cart zoom edit close